Blog › Gyotaku : Découvrir l'art traditionne...

Gyotaku : Découvrir l'art traditionnel japonais de l'impression de poissons

Découvrez l'art ancien japonais du gyotaku. Explorez les méthodes, les matériaux et les processus créatifs derrière les magnifiques impressions gyotaku et leur attrait durable.
Tony Musso Par Tony Musso, Art Director · 6 min de lecture
Koi Fish Art Print, framed on the wall of a modern city-flat living room Sur la photo: Impression artistique de poisson Koi, dès £16.00 →

Gyotaku

Le mot gyotaku est dérivé des mots japonais signifiant « poisson » (gyo) et « frottage » (taku). Cette méthode a été pratiquée pour la première fois au milieu du XIXe siècle par des pêcheurs japonais qui souhaitaient conserver une empreinte fidèle de leurs prises les plus précieuses avant de les consommer. La méthode gyotaku consiste à appliquer de l’encre sur un poisson, à poser du papier dessus, puis à appuyer pour créer une image imprimée. Cette forme d’art a évolué depuis, mais le procédé de base consiste toujours à appliquer de l’encre sur la surface d’un poisson et à le presser contre un support, comme du papier de riz ou un autre tissu.

Aujourd’hui, les artistes gyotaku utilisent trois approches différentes : la méthode directe, la méthode indirecte et la méthode par film de transfert. La méthode directe, ou chokusetsu-ho, consiste à encrer un poisson propre et préparé, puis à le presser contre du papier pour créer une estampe. La méthode indirecte, ou kansetsu-ho, consiste à appliquer de l’encre sur de la soie fixée au poisson et permet d’obtenir des images plus détaillées. Les tampos sont des applicateurs spéciaux utilisés dans la méthode indirecte pour appliquer l’encre sur le papier avec précision et maîtrise. La méthode par transfert, ou tensha-ho, permet de créer une image sur des surfaces dures et ne renverse pas l’estampe finale, contrairement à la méthode directe. Cette méthode est particulièrement utile pour réaliser des estampes sur des supports non traditionnels. Chaque technique donne à l’image finale une interprétation artistique qui lui est propre. Celle-ci peut être exposée dans une galerie ou même montée sur toile ou sur des panneaux recouverts de soie.

Forme d’art

Ce qui distingue l’art gyotaku des autres styles d’estampe, c’est son lien profond avec le sujet représenté. Les poissons et sujets similaires apparaissent dans des poses naturelles, car l’estampe est réalisée directement à partir de véritables créatures marines. Les artistes appliquent délicatement l’encre sur le poisson, parfois en utilisant directement des encres colorées ou en mélangeant différents médiums colorés pour obtenir des résultats uniques. L’encre sumi est l’encre noire traditionnelle utilisée en gyotaku, tandis que les artistes modernes peuvent se servir de peintures acryliques non toxiques à base d’eau pour disposer d’une palette de couleurs plus étendue. Alors que les premières estampes gyotaku étaient des œuvres en noir et blanc, l’ajout de couleur est rapidement devenu populaire, avec des détails peints, comme les yeux, ajoutés après l’impression.

Les artistes modernes expérimentent également avec du papier washi en arrière-plan, des panneaux à surface dure et d’autres tissus. Chaque surface ou matériau influe sur le rendu de l’encre et des détails dans les œuvres achevées. De la pâte de riz ou du papier marouflé humide peuvent aussi servir à obtenir de nouveaux effets. Les œuvres comprennent des créations contemporaines qui rendent hommage à la beauté naturelle et à l’importance culturelle des estampes gyotaku.

Art gyotaku

L’art gyotaku capture des sujets importants en mêlant tradition et innovation. Alors que les estampes originales consignaient les prises des pêcheurs, les artistes d’aujourd’hui puisent leur inspiration dans diverses sources et utilisent parfois même un mur ou du plastique comme surface de montage. Certaines œuvres sont marouflées humides ou encadrées, tandis que d’autres sont imprimées sur de la soie pour une présentation luxueuse. La toile reste également un support populaire pour monter des créations dans un style contemporain. Les vidéos et les expositions en galerie contribuent souvent à faire découvrir ces œuvres modernes à un public plus large.

La préparation minutieuse du poisson et du papier ou du tissu est un aspect essentiel de la création d’une œuvre gyotaku. Le procédé comprend un frottage manuel soigneux, qui permet à l’encre de passer du sujet encré au support choisi. Chaque estampe est unique et aucune image n’est jamais exactement identique à une autre. Cet aspect apporte une dimension humaine à cette forme d’art et aide les spectateurs à ressentir un lien plus profond avec la nature à travers les images imprimées.

Impression de poissons

L’impression de poissons exige précision et patience, en particulier avec la méthode directe. Les artistes doivent s’assurer que l’objet recouvert d’encre, généralement un poisson fraîchement pêché en mer, est propre, sec et placé dans une posture naturelle. La préparation du poisson consiste à le nettoyer avec de l’eau et du sel ou du vinaigre, à le sécher et à stabiliser ses nageoires pour l’impression. Les cours de gyotaku peuvent expliquer comment préparer les poissons à l’impression et appliquer l’encre efficacement. L’encre est appliquée avec minutie sur le poisson, puis du papier de riz, du papier washi ou de la soie est soigneusement posé sur son corps. Les artistes travaillent directement avec leurs mains pour presser et masser la surface, en s’attachant à créer des images détaillées qui mettent en valeur les fines écailles et les formes délicates du poisson.

Après l’impression, les artistes rehaussent souvent l’estampe gyotaku en peignant les yeux ou en ajoutant des médiums colorés. Les estampes gyotaku peuvent rester en noir et blanc, avec les yeux peints, ou être colorées à l’aide d’encres ou de lavis colorés. On obtient ainsi une empreinte orientée dans le bon sens, contrairement à l’image inversée produite par certaines techniques d’impression. Les artistes gyotaku utilisent souvent des encres non toxiques pour réaliser leurs estampes, afin de garantir leur innocuité et leur respect de l’environnement. Les estampes gyotaku sont souvent montées sur des rouleaux ou encadrées avec un sceau rouge et une calligraphie kanji indiquant le nom de l’artiste. Elles peuvent aussi être montées sur du bois ou de la toile de galerie pour être exposées, ou encore imprimées sur d’autres tissus pour créer des vêtements ou des objets décoratifs.

Estampe gyotaku

Une véritable estampe gyotaku témoigne à la fois du savoir-faire technique et de la créativité de l’artiste. Chaque œuvre est montée avec soin, que ce soit sur du papier de riz marouflé humide, de la soie ou de la toile. Les œuvres achevées sont souvent exposées comme des œuvres d’art dans des galeries ou des collections privées. Le procédé d’impression gyotaku est désormais reconnu dans le monde entier, à la fois comme un relevé scientifique et comme une forme d’art respectée. L’utilisation d’encres colorées a donné naissance à des estampes gyotaku toujours plus éclatantes et artistiques, qui capturent la beauté des poissons dans leur état naturel imprimé.

Les artistes continuent d’expérimenter, en utilisant un film de transfert pour un procédé plus minutieux ou en appliquant des pièces montées sur du plastique ou du bois pour proposer des interprétations modernes. Les vidéos réalisées par des artistes gyotaku donnent souvent un aperçu de chaque étape, du pressage du sujet encré à l’encadrement de l’image finale. Des cours de gyotaku sont proposés à ceux qui souhaitent découvrir l’histoire de cette technique et apprendre à créer des estampes. L’art gyotaku fait le lien entre l’ancien et le nouveau, permettant à la tradition comme à l’innovation de s’épanouir sur chaque toile, tissu et mur.

Conclusion

Le gyotaku demeure une forme d’art vivante et riche de sens, qui continue de fasciner les artistes et les collectionneurs par son histoire, sa technique et le lien qu’il établit entre la créativité humaine et le monde naturel. De nombreux artistes gyotaku contemporains mettent l’accent sur la durabilité et la préservation de l’environnement dans leur pratique, afin que cette forme d’art soit en accord avec les valeurs écologiques modernes. Le gyotaku n’entraîne pas de gaspillage de poissons, car les poissons utilisés pour l’impression peuvent être consommés par les pêcheurs ou vendus à des restaurants locaux. Qu’elles soient réalisées sur du papier de riz souple, montées sur toile ou exposées dans une galerie, les estampes gyotaku rendent hommage à la fois à la tradition et à l’innovation artistique. En explorant régulièrement de nouveaux médiums colorés, supports et procédés créatifs, les artistes veillent à ce que cette remarquable tradition de l’estampe reste aussi vivante et importante que jamais. Si cette tradition vous séduit, nos estampes japonaises murales témoignent de la même retenue et du même respect du sujet.

Questions fréquentes

Lire plus